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Mise à jour IV : Région métropolitaine de Vancouver (Burnaby)

Le Comité ministériel du projet d’agrandissement proposé du réseau de Trans Mountain a organisé sa première série de rencontres dans la région métropolitaine de Vancouver du 9 au 11 août 2016, à raison de huit séances en trois jours à Burnaby. Les rencontres ont compté plus de 500 participants et environ 150 présentateurs issus d’administrations municipales, d’entreprises, de groupes environnementalistes et du grand public.

À l’instar des rencontres précédentes, la qualité des interventions était très relevée; nombreux sont les experts en la matière qui ont parlé savamment et utilement des questions qu’ils ont soulevées. Les représentants des entreprises et des travailleurs continuent de se prononcer en faveur du projet, indiquant qu’ils ont une certaine confiance dans le processus de l’Office national de l’énergie et qu’il leur tarde de profiter des retombées économiques qui, s’attendent-ils, découleront du chantier. Les commentaires des représentants municipaux, qui, lors des rencontres précédentes, étaient généralement en faveur ou ambigus, sont devenus négatifs; les représentants des villes de New Westminster et de Burnaby ont exprimé de sérieuses réserves pour des motifs de sécurité. Le maire de Burnaby, Derek Corrigan, a fait une présentation passionnée contre le projet, et ses points de vue ont été presque unanimement repris dans deux grandes séances publiques.

De nombreux thèmes qui avaient été abordés lors de rencontres précédentes ont également refait surface. Les présentateurs étaient insatisfaits du processus de l’Office national de l’énergie, des restrictions imposées à leurs présentations, des thèmes de discussion possibles (p. ex. on n’a pas tenu compte des effets sur le climat) et de l’incapacité, pour les intervenants, de procéder à un contre interrogatoire de vive voix et de vérifier le contenu et l’exactitude. En ce qui concerne les questions liées au processus, les présentateurs ont continué de critiquer le Comité ministériel en raison de son horaire chargé et de ce que certains considéraient comme une annonce ou un avis inadéquats. Le nouveau thème le plus important à Burnaby s’articulait autour des questions liées à la sécurité.

À l’instar des mises à jour précédentes du Comité, les questions choisies ci-dessous constituent une représentation élargie des questions soulevées, non pas une liste complète. Les rencontres dans la région métropolitaine de Vancouver se poursuivent du 16 au 19 août.

La sécurité dans les régions densément peuplées – Burnaby, où se trouve le terminal des oléoducs existants et proposés, représente aussi un centre d’opposition considérable. Invoquant un déversement survenu en 2007, où 230 000 litres de pétrole se sont répandus dans un quartier de Burnaby, nombreux sont les présentateurs qui se sont opposés à la construction d’une infrastructure d’oléoduc à travers ce qui est maintenant une région urbaine dense.

Parc de stockage de Burnaby – Des voisins de Burnaby se sont opposés à l’idée que l’agrandissement de l’oléoduc comprenne l’ajout de 20 nouveaux réservoirs de stockage, en plus des 14 qui se trouvent actuellement au pied du mont Burnaby. Les voisins ont publié des préoccupations particulières quant aux risques d’une fuite, d’une explosion ou d’un incendie, surtout en raison de la proximité d’une école élémentaire et de la toxicité du bitume dilué dans cette situation.

Sécurité sur le mont Burnaby – Les présentateurs qui étudient ou qui travaillent à l’Université Simon-Fraser ou qui vivent à côté du campus ont affirmé craindre qu’un incendie de parc de stockage puisse mettre le feu à la forêt environnante, empêcher leur évacuation et envoyer des nuages de fumée toxique par-dessus le sommet de la montagne.

Incapacité municipale d’intervention insuffisante en cas d’urgence– Les services d’incendie de Burnaby et de New Westminster déclarent ne pas être prêts à gérer les conséquences d’un important bris d’oléoduc ou grave incendie. Plus précisément, à Burnaby, on affirme être incapable de combattre un incendie de parc de stockage.

Bitume dilué – Les présentateurs ont noté que le bitume dilué est transporté sous pression et qu’en cas de fuite, il peut se décomposer rapidement en ses parties constitutives, envoyant de la fumée toxique et des gaz explosifs dans l’air, en plus de déverser du bitume au sol.

Nettoyage du bitume dilué – Les présentateurs ont également soulevé des préoccupations quant à l’absence d’une technique avérée pour nettoyer le bitume dilué. Cela pourrait s’avérer particulièrement problématique dans le cas de l’eau salée, où l’on n’a encore à ce jour aucune expérience d’un déversement de bitume dilué.

Congestion de la marine marchande – Les présentateurs ont soulevé des préoccupations à propos du nombre de pétroliers, et de la taille de ces pétroliers, se rendant jusqu’au terminal de Westridge (Trans Mountain prévoit que le trafic de pétroliers augmenterait, passant d’un par semaine à un par jour).

Risques associés à l’expédition par d'autres moyens de transport – Un présentateur a souligné le risque d’une collision de navire avec le pont ferroviaire ou le pont commémoratif des monteurs de charpentes métalliques, ce qui, dans les deux cas, pourrait sérieusement perturber le transport terrestre.

Pollution de l’air – Les présentateurs ont affirmé que même sans accident, l’augmentation du trafic de pétroliers et du volume du traitement du bitume dilué au terminal viendrait diminuer la qualité de l’air dans un bassin atmosphérique fermé.

Responsabilité des déversements en milieu marin – Les présentateurs ont souligné que Trans Mountain et l’Office national de l’énergie ont tous deux affirmé que leur responsabilité des déversements prenait fin au quai de Westridge, suscitant des préoccupations quant à savoir qui serait tenu de rendre des comptes – et qui pourrait payer la facture – si un important déversement d’un navire de charge étranger avait lieu dans les eaux de la Colombie-Britannique.

Délai de réaction aux déversements de pétrole – Dans la foulée du déversement de pétrole de soute survenu dans la baie English en avril 2015, les présentateurs ont déclaré être inquiets du délai de réaction et de la capacité de la Western Canada Marine Response Corporation, l’organisation qui est responsable du nettoyage du port.

Plan d’urgence – Le chef Tim Armstrong, du service d’incendie et de sauvetage de New Westminster, a déclaré que le plan d’intervention d’urgence de Trans Mountain était inadéquat, et il s’est opposé au refus, par la société, de partager les détails (y compris les noms des personnes que Trans Mountain appellerait en cas d’urgence).

Âge de l’infrastructure – Lorsque l’oléoduc original de Trans Mountain a été commandé en 1953, la société avait, dit‑on, prévu une espérance de vie de 50 ans. Les présentateurs ont affirmé être préoccupés par le fait que la ligne et le parc de stockage sont encore en activité 63 ans plus tard.

Zone de séismes – Les présentateurs se sont dits préoccupés par la mise en place d’une nouvelle infrastructure à base de combustible fossile dans une zone de séismes fortement peuplée.

Bonne route? – Le président et directeur général de la chambre de commerce de Burnaby, Paul Holden, a souligné que « la justification pour le projet est claire », ajoutant que son organisation appuie l’exploitation des ressources de manière responsable et reconnaît le besoin d’acheminer les ressources vers les marchés. La chambre de commerce de Burnaby a de plus reconnu l’historique d’exploitation actuelle du pipeline opéré par Kinder Morgan à Burnaby, tout en questionnant la pertinence de construire un nouveau pipeline dans un environnement urbain en densification, et si Burnaby est toujours un terminus approprié après 60 ans de développement dans la région du Lower Mainland.

Image de marque de la Colombie-Britannique – Les présentateurs ont déclaré que l’on était préoccupé par les dommages pour l’image de marque de Vancouver et de la Colombie-Britannique en tant que destination touristique, assurément dans l’éventualité d’un déversement, mais aussi, possiblement, en raison du simple fait que la région serait connue comme un port pétrolier.

Perturbation dans le secteur maritime – Un chercheur maritime a indiqué que l’augmentation du trafic maritime pourrait avoir une incidence négative sur la vie marine, puisque les poissons et les mammifères marins sont sensibles au bruit.

Actifs échoués – Seth Klein, du Centre canadien de politiques alternatives, a présenté une recherche qui indique que la capacité actuelle d’expédition de combustibles fossiles est suffisante et que la demande mondiale est (ou devrait être) en baisse, créant ainsi le risque qu’une nouvelle infrastructure s’avère bientôt redondante et constitue un boulet potentiel pour Kinder Morgan et pour le gouvernement susceptible de lui donner le feu vert.

Emprise de Trans Mountain – En plus des municipalités qui ont à assumer des coûts supplémentaires pour fonctionner dans les environs d’oléoducs pétroliers, la Ville de Burnaby s’est opposée au fait qu’elle doive en fait obtenir la permission de Kinder Morgan au moment de concevoir ou d’exécuter des travaux dans les emprises de la société.

Travailleurs étrangers temporaires – Les organisations syndicales ont déclaré qu’elles craignent que Kinder Morgan et Trans Mountain tentent de construire l'infrastructure en faisant appel à des travailleurs étrangers temporaires, et qu’en raison des règles de l’Accord de libre-échange nord-américain et du Partenariat transpacifique non ratifié à ce jour, le recours à des travailleurs étrangers temporaires serait plus facile et plus probable.

Plan d’énergie – Un grand nombre de présentateurs ont déclaré que le gouvernement devrait reporter sa décision concernant l’oléoduc jusqu’à ce qu’il ait élaboré un plan d’énergie national ou un plan national détaillé de lutte contre les changements climatiques. Un présentateur a suggéré la tenue d’une commission d’enquête parlementaire.

Raffinerie canadienne et recyclage des travailleurs– Les présentateurs continuent d’indiquer que le gouvernement fédéral devrait exiger de l’industrie qu’elle raffine les sables bitumineux au Canada au lieu de transporter les produits bruts aux fins d’exportation; ils soutiennent qu’une telle mesure viendrait créer des emplois et renforcer la sécurité énergétique du Canada. Une autre option avancée consiste, pour le gouvernement, à investir dans le recyclage des travailleurs de l’industrie pétrolière afin que ceux-ci travaillent dans l’industrie des énergies renouvelables, ou encore à réaffecter au secteur des énergies renouvelables les subventions actuellement accordées à l’industrie pétrolière.

Appui au traitement équitable des Premières Nations – Plusieurs présentateurs ont fait observer la responsabilité du gouvernement de consulter les Premières Nations, et, conformément à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones d’obtenir le « consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause » de toutes les Premières Nations touchées.

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