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Mise à jour V : La Ville de Vancouver et la rive nord

Le Comité ministériel du projet d’agrandissement du réseau de Trans Mountain a continué ses rencontres dans la région métropolitaine de Vancouver pendant la semaine du 15 au 19 août. Il a tenu huit séances à Vancouver et deux à North Vancouver, dont deux assemblées publiques qui ont attiré près de 300 participants chacune. Au total, le comité a entendu 157 présentateurs. Ses membres ont visité le port de Vancouver pour voir de près le site où Trans Mountain propose d’agrandir son terminal de Westridge et le passage de l’inlet Burrard par le Second Narrows, le First Narrows et dans la baie English.

Les commentaires demeurent passionnés, et un fossé continue de séparer les dirigeants d’entreprises et de syndicats qui parlent des retombées économiques potentielles du projet, et les opposants au projet qui expriment des réserves concernant la sécurité et les effets environnementaux. Comme à Burnaby, les commentaires des administrations municipales (qui étaient partagés ou favorables au projet lors des dernières séances) étaient clairement contre le projet. Le maire de Vancouver, Gregor Robertson, a continué d’exprimer le désaccord très médiatisé de sa ville, mais les collectivités de la rive nord (West Vancouver et la ville et le district de North Vancouver) n’ont pas manqué non plus de critiquer le processus de l’Office national de l’énergie et d’exiger le rejet du projet d’agrandissement de Trans Mountain.

Des groupes bien organisés qui s’opposent au projet étaient présents aux deux assemblées publiques, notamment de nombreux présentateurs d’organisations non gouvernementales de défense de l’environnement qui suivent le comité (et dans certains cas, ont fait plusieurs interventions) depuis la première rencontre en Colombie-Britannique, à Kamloops, le 19 juillet. Les groupes de défense de l’environnement ont présenté une pétition anti-oléoduc de 144 000 noms et ont organisé une grande manifestation pacifique, le 18 août, à l’extérieur du lieu de la séance à Vancouver.

À l’instar des mises à jour précédentes du comité, les questions choisies ci-dessous constituent une représentation générale des questions soulevées, non pas une liste complète.

Portée établie par l’Office – Les présentateurs ont continué de critiquer le fait que l’Office ait refusé d’entendre l’opinion d’un grand nombre de parties qui se disent directement concernées. Les gens sont aussi en désaccord avec le fait que les questions liées à la sécurité maritime et aux changements climatiques soient exclues de la portée du processus de l’Office.

Réceptivité de l’Office – Plusieurs municipalités ont dit qu’elles n’avaient pas la capacité de respecter les délais que leur impose l’Office, et qu’elles avaient été déçues que l’Office et le promoteur ne donnent aucune réponse à bien des questions que leur ont posées les représentants municipaux.

Changements climatiques – De plus en plus de présentateurs disent se sentir préoccupés par l’incidence que pourrait avoir l’oléoduc sur les émissions de gaz à effet de serre, en aval (entre les mains des acheteurs d’énergie étrangers) et en amont (exploitation et transport de sables bitumineux au Canada). Ils ont été nombreux à affirmer que le Canada ne peut pas raisonnablement approuver ce projet sans une stratégie nationale sur l’énergie qui tient compte de l’engagement international de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Capacité d’intervention en cas d’urgence – Ce sujet a été très controversé. Des présentateurs de la Western Canada Marine Response Corporation ont défendu la qualité de la capacité actuelle et future d’intervention en cas d’urgence, tandis que de nombreuses personnes ont laissé entendre que les mesures prises lors de fuites passées ont été mal organisées et que la difficulté de nettoyer le bitume dilué surpasse toute capacité d’intervention.

Risques maritimes – Les présentateurs ont aussi soulevé des questions comme le fait qu’aucune étude de référence exhaustive n’a été réalisée sur les conditions environnementales de l’inlet Burrard et les effets que pourrait avoir une fuite sur le site, qu’il s’agisse d’une fuite de bitume dilué sur un estran vaseux ou des petites fuites fréquentes qui surviennent inévitablement à l’installation de chargement.

Données maritimes – Les présentateurs ont aussi indiqué que les analyses coûts-avantages qui ont été réalisées jusqu’à maintenant n’ont pas adéquatement pris en compte les avantages économiques de la bonne santé environnementale des côtes de la Colombie-Britannique. Le maire de Vancouver, Gregor Robertson, a insisté sur les risques pour l’économie de sa ville, qui dépend de sa réputation de ville « verte » pour attirer des touristes et des employeurs qui veulent offrir un beau cadre de vie à leurs employés potentiels.

Modélisation des accidents – Les présentateurs ont critiqué le fait que la proposition de Trans Mountain ne comprenait aucune modélisation d’une fuite majeure dans le port de Vancouver. Trans Mountain a fait valoir (ce que l’Office a semblé accepter) qu’une fuite était peu probable, mais les présentateurs ont soutenu que cette possibilité entraînait des conséquences si importantes qu’elle devait tout de même être prise en considération.

Effets sur les épaulards – Les présentateurs ont publié des commentaires faisant état de leurs inquiétudes concernant les épaulards résidents du sud, une espèce en voie de disparition, puisque l’Office admet dans son rapport recommandant l’approbation de l’oléoduc que « l’exploitation de navires liés au projet serait susceptible d’avoir des effets négatifs importants sur les épaulards résidents du sud ».

Bitume dilué/capacité de raffinage – La nature et le potentiel de complications de ce produit des sables bitumineux continuent de faire l’objet de beaucoup d’interventions. Nombre de présentateurs soutiennent que les produits énergétiques du Canada devraient être raffinés au pays plutôt qu’exportés à un risque perçu comme étant plus élevé.

Plan national de l’énergie/plan d’action sur le climat – Une autre question qui continue de retenir l’attention. Les présentateurs affirment que le gouvernement ne devrait prendre aucune décision concernant d’importants projets d’agrandissement de l’infrastructure des combustibles fossiles avant d’avoir un plan sur l’énergie et le climat.

Premières Nations

Ententes sur les avantages comme incitations – Les présentateurs ont déploré que les Premières Nations acceptent les modalités des ententes sur les avantages par désespoir économique et non parce que ces ententes sont des règlements équitables pour des intérêts légitimes.

Consultation – Aucun des présentateurs des Premières Nations à cette séance n’avait participé au processus de l’Office. Une Première Nation du Lower Mainland a indiqué au gouvernement du Canada dans une correspondance qu’elle ne participerait pas au processus du comité ministériel, car elle considérait que les rencontres du comité détournaient son attention des discussions plus adéquates de nation à nation avec la Couronne. Les présentateurs des Premières Nations ont exprimé des réserves concernant des questions relatives au processus de l’Office et du comité. En général, ils étaient opposés au projet.

DNUDPA – Les Premières Nations ont rappelé que le Canada a un engagement constitutionnel de reconnaître les droits et les titres ancestraux des Premières Nations, de même qu’un engagement politique à l’égard de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et plus particulièrement, l’obligation d’obtenir un consentement préalable donné librement en connaissance de cause.

Transport maritime – Bien que le processus de l’Office ne portait qu’une attention limitée aux effets de l’oléoduc sur le transport maritime (et aux risques environnementaux connexes), les Premières Nations ont signalé que les droits et les titres ancestraux englobent les utilisations traditionnelles des voies navigables. La question est donc en suspens pour toute la longueur de la route de navigation, depuis le terminal d’Indian Arm jusqu’au détroit de Juan de Fuca. L’argument a été renforcé par des personnes parlant au nom du Islands Trust de la Colombie-Britannique, qui a la responsabilité de préserver et de protéger les voies navigables et la région sud des îles Gulf.

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